L'orientation

Bien s’orienter – Témoignage d’une coach en orientation

Nathalie Moreau-Delage est Coach en orientation scolaire et professionnelle. Diplômée de l’École Centrale de Lyon, Nathalie a bossé 10 ans en entreprise avant de devenir coach en orientation.

Nathalie a beaucoup travaillé sur la gestion mentale, elle s’intéresse aux façons d’être plus attentif, de mieux mémoriser, et de mieux apprendre…tout ça pour mieux comprendre et préparer son avenir.

Tu le sais, ce sont des thèmes qui nous parlent énormément : on aime beaucoup Nathalie, on espère donc que cet article au format un peu différent te plaira !

PS : Pour sommes restés aussi fidèles que possible à la façon de s’exprimer de Nathalie, un peu moins directe que la nôtre. On espère que cela ne te gênera pas, le fond vaut clairement le coup. 😉

Bonne lecture !

Les Sherpas.

Bonjour Nathalie ! Alors le coaching en orientation ça consiste en quoi ? 😊

 

Nathalie :

Bonjour Les Sherpas !

J’ai travaillé plus de 10 ans en entreprise après mes études d’ingénieure. Je me suis tournée vers le coaching de manière logique, forte des chiffres et de l’analyse à laquelle j’avais accès, en m’interrogeant sur le monde du travail : qu’est-ce qui fait que des gens aiment leur travail, et d’autres non ? C’est un sujet capital quand on se rend compte que nous passons tous 60% de notre vie à travailler, surtout si on veut être heureux.

Trop de gens ne se posent pas encore assez de questions à ce sujet…mais ça tombe bien, je suis là pour aider ! 😊

Pour te répondre : le coaching se déroule sur 5 à 7 séances. J’utilise de nombreux outils aussi ludiques que possible. Je suis tous types d’étudiants : des Secondes, des Premières comme des Terminales qui viennent me voir juste avant la clôture de Parcoursup, mais aussi des étudiants qui veulent se réorienter, et même des adultes !

C’est généralement la première fois que ces jeunes s’interrogent sur leur avenir sans tenir compte de leurs parents, c’est donc très important !

Au cours de l’accompagnement, je vais les amener à s’interroger sur eux et sur leurs motivations, en mobilisant le cerveau droit qui est celui de l’intuition et de la créativité ; par contraste avec le raisonnement logique du cerveau gauche. Je suis un peu une scientifique aussi ! 😉

Faire travailler sur qui l’on est, apprendre à se connaître et à se comprendre : c’est le plus important.

Et pour ça, tous les outils sont permis !

 

Comment procèdes-tu ? Comment les guides-tu dans leur décision ? 🕵🏻‍♀️

Nathalie :

Lorsque j’accompagne un jeune, la première question que je l’amène à se poser est la suivante : pour qui a-t-il fait ses choix ? Est-ce pour lui ? Pour ses parents ou sa famille ? Pour ses professeurs ? Pour faire plaisir à sa classe sociale ? A-t-il conscience de l’intervention de ces personnes dans ses choix ?

Tu t’en doutes, certaines familles mettent plus ou moins de pression vers certaines directions, et en condamnent d’autres. L’environnement influence fortement.

Mon but est de le faire accéder à un certain niveau de conscience, qui lui permettra de faire ses choix en connaissance de cause, pour lui, et pas pour les autres.

Coach en orientation - écris ton histoireQui es-tu vraiment ? Qu’est-ce qui te fait vibrer ? C’est à toi d’écrire une histoire qui te ressemble ! 💖

Ensuite, c’est très important de faire une double-démarche : il faut toujours commencer par se poser des questions à l’intérieur de soi, pour ensuite se tourner vers l’extérieur.

C’est au cours de cette étape qu’on va se coller à la réalité de l’étudiant et éviter les désillusions du passage du rêve à la réalité. Si l’on veut choisir et prendre les commandes de sa vie, il faut non seulement se connaître soi, mais avoir également une connaissance du monde extérieur. Plus on a de connaissances, plus on est libre.

J’encourage tous mes coachés à se constituer une base de données sur ce qui existe : les différentes études, les différents métiers … Pour cela, rien de mieux que d’échanger avec des étudiants et travailleurs, d’aller aux portes ouvertes, de multiplier les échanges qui permettront d’appréhender la réalité : votre Blog est d’ailleurs super pour ça !

Tu me fais une super transition ! Quelles sont les règles d’or d’une bonne orientation ? Y a-t-il des erreurs à éviter ? 💎

Nathalie :

Si je devais donner un conseil, ce serait de bien réfléchir à ce que l’on veut pour soi, puis d’aller voir à l’extérieur si la réalité correspond à notre rêve.

S’il ya bien une chose à éviter à tout prix, c’est de suivre l’orientation que quelqu’un d’autre nous pousse à choisir, sans y réfléchir. Quand quelqu’un donne un conseil sur des choix de vie, il ne parle que très rarement de nous, mais en réalité bien plus souvent de lui-même, de ses propres aspirations, de ses succès et de ses échecs.

C’est bon d’écouter les conseils, mais il faut mettre de la distance, ne pas se biaiser, et toujours avoir son propre avis. C’est nous qui savons mieux que quiconque la meilleure voie pour nous-mêmes. Il faut savoir ce qu’on veut, et oser avoir de l’ambition : comme vous le dites dans votre article, « on n’a qu’une vie » . C’est bien vrai !

Mon travail consiste à amener les jeunes que j’accompagne à ce niveau de recul, notamment après leur avoir fait comprendre les influences (pas forcément malveillantes) qu’il peut subir pour faire des choix en pleine conscience.

 

 

Quels retours d’expérience peux-tu nous faire sur l’orientation en prépa ou en filière sélective ? Ça reste la voie royale…👑

Nathalie :

Oui, c’est vrai que c’est une voie qui permet une ascension professionnelle rapide, tout en se gardant de nombreuses portes ouvertes.

Le gros avantage des grandes écoles et des filières sélectives, c’est qu’elles permettent souvent de reporter des choix de spécialisation à un peu plus tard. L’élève est alors plus mature, il a aussi plus de cartes en mains pour choisir quelle voie adopter, et la pression des parents est moins forte, car ils ont déjà réussi quelque chose en réussissant des concours.

Mais pour que ce soit le bon choix, il faut aller au-delà de ces enjeux. À la pression des parents va se substituer la pression sociale et notamment des pairs. Tu ne peux pas savoir le nombre de jeunes professionnels que je vois passer ! Ils viennent de commencer à bosser, et ont malgré de belles études souvent pris un job par défaut, en choisissant l’emploi le mieux payé ! Alors oui, l’argent c’est important, mais ce n’est pas suffisant pour choisir son futur.

Dans tous les cas personne ne peut faire l’économie d’une réflexion sur son orientation, sur soi, sur son avenir. Il faut pouvoir s’assurer qu’on va être heureux, qu’on va pouvoir s’épanouir !

Et justement, les jeunes qui font des filières sélectives sont des jeunes bien particuliers, pour lesquels le facteur « parents » est souvent plus important que pour d’autres étudiants. En général, les alternatives pour ces élèves restent fortement ancrées dans tout ce qui touche au monde de l’entreprise, mais toujours dans l’excellence : Science Po, études de droit, écoles post-bac.

Beaucoup d’à priori gravitent autour de la prépa et des filières exigeantes du supérieur, dans un sens comme dans l’autre, véhiculés par de nombreux acteurs : copains, profs, famille, société… Je cherche à creuser cela avec : quels messages ont été transmis ?

Ensuite, j’applique ma démarche classique, en veillant tout particulièrement à ce que le jeune se rende compte que c’est lui qui a les commandes  : il peut demander de l’aide autour de lui, mais restera pilote de son appareil, car c’est de sa vie qu’il s’agit.

Honnêtement, je garde un très bon souvenir de ma prépa, mais c’est parce que ça me correspondait. J’y avais réfléchi, et indépendamment du choix de mes parents, c’est ce que je voulais. Oui, j’avais un peu peur, et je n’étais pas sûre d’être capable, mais j’avais envie de me dépasser, de sortir de ma zone de confort, de devenir adulte. C’est pour cela que j’y suis allée.

Mais je crois qu’un jeune ne réussit qu’en l’ayant vraiment choisi : c’est pour lui et pour personne d’autre. Il a conscience de ce qui l’attend, il est prêt… et il en a envie. C’est ça le chemin à suivre.

Une orientation pour être heureux !La priorité ? Que tu sois heureux ou heureuse, et épanoui(e) ! 🥰

Tu nous as raconté avoir fait le choix de te « ré-orienter » en te reconvertissant. Comment gérer une ré-orientation ?  🧐

Nathalie :

C’est vrai que l’orientation est un choix très important. De là à dire qu’il est irréversible, je vais te répondre en un mot très simple : FAUX !

Il y a toujours moyen de rebondir, de trouver des solutions et une voie dans laquelle on va être heureux, et en même temps gagner sa vie correctement, qu’on ait 20 ou 50 ans. Mais pour ça, je te le répète, il faut impérativement se poser des questions et travailler sur soi ! Vraiment, le plus dur, c’est de s’y mettre !

Par contre, la prépa – comme les études de médecine ou Science-Po – c’est uniquement possible après le bac, et très difficilement (voire quasi impossible) ensuite. Pour les jeunes qui hésitent face à la difficulté d’études sélectives, ça vaut le coup de faire une année pour se rendre compte et expérimenter. Dans tous les cas ce n’est pas du temps perdu, et ils n’auront pas le regret de ne pas avoir tenté.

Pour une réorientation, je travaille de manière différente. Le coaching part alors d’un « échec » car il y a une situation qui a posé problème (le jeune n’a pas réussi ou ne s’est pas senti bien). Mais il est plus mûr et il sait davantage ce qu’il veut… ou pas.

C’est un travail d’autant plus intéressant qu’on peut aller plus loin sur la connaissance de soi, en mobilisant d’autres outils. Le test de personnalité MBTI permet de se rendre compte qu’on a pu faire des choix en contradiction avec ses préférences, la typologie de Holland (ou test RIASEC) peut orienter sur les intérêts en termes de métiers selon le profil (R = réaliste, I = investigateur, A = artistique, S = social, E = entrepreneur, C = conventionnel). Je mobilise des cartes et des jeux plutôt que des questionnaires, car plus on est dans le jeu et plus on est à l’aise, donc mieux on arrive à décider.

Mon conseil, en termes d’études, c’est d’aller vers là où on sera le mieux. Toute notre relation au monde doit alors être satisfaite.

S’orienter dans des filières exigeantes et ambitieuses doit se faire en accord avec qui on est, ce qui nous nourrit, ce qui apporte du plaisir et de l’énergie. Faire un sacrifice de quelques années d’études difficiles peut valoir le coup pour ce qu’il y a derrière, mais il faut aussi trouver de l’intérêt dans le voyage en lui même, sinon ce sera dur.

De manière générale, je nuancerais mes propos en conseillant de trouver un équilibre : s’épanouir et se poser les questions du bien-être, sans pour autant tout remettre en question sans cesse. S’épanouir, d’abord : il faut intégrer tout ce qu’on aime dans la vie en général.

Ne pas tout remettre en cause, ensuite : la prépa est un marathon et il faut continuer à avancer. En somme, il est simplement important de s’interroger régulièrement et avec une certaine distance de cette manière : « Qu’est-ce que je veux ? Est-ce que je suis suffisamment nourri ? Est-ce que je suis sur le bon chemin ? ».

Dans tous les cas, le côté stratégique doit venir dans un second temps. Pourquoi ? Si on est bien orienté, même si la filière n’est pas sélective, on sera bon dans ce qu’on fait, on sera donc heureux, et donc performant au travail. In fine, on gagnera bien sa vie.

Pour finir en te parlant de moi, c’est exactement le cheminement que j’ai eu avec mon ancien job : tu vois, ce sont des questions que l’on peut se poser toute sa vie ! 😇

Coach en réorientation - regarder l'avenirL’idée c’est aussi d’ajuster ton cap en fonction des évolutions de ton aventure ! 🧭

Pour finir, as-tu quelques « petits trucs » pour permettre à chacun de commencer à se poser des questions ? 🥳

Nathalie  :

J’en ai des tonnes, et ça me passionne ! Comme je te le disais, on progresse d’autant mieux par le jeu et il existe de nombreux outils. C’est ce que l’essayiste et conférencier Idriss Aberkane met en avant au cœur de ses travaux sur l’économie de la connaissance : plus on joue plus on apprend et plus on se pose les bonnes questions. Mobilisez les photos, les dessins, les mises en situation, l’imaginaire… tout ce qui peut booster votre cerveau droit, vous savez, celui de l’intuition et de la créativité :

  • Le photo langage : étalez devant vous des images et photos puis sélectionnez sans réfléchir celles qui vous plaisent et vous attirent le plus. Une fois le tri fait, vous aboutissez à une vision de ce qui est important. Réfléchissez : que disent ces images, comment peuvent-elles aider à faire des choix ?
  • Les qualités : demandez autour de vous quelles sont vos 20 principales qualités. C’est une démarche que chacun peut faire individuellement, même si elle ne nous semble pas évidente. En termes d’estime de soi, recevoir ces qualités est un apport considérable ! Ensuite, prenez un temps (forcez-vous à le bloquer !) pour dessiner ces qualités, construire quelque chose… n’importe quoi qui permet de les matérialiser et de vous les approprier.
  • Écoutez votre corps : il parle. Il parle même… beaucoup. Les maux viennent quand on n’a pas suffisamment mis de mot. Tentez de mettre le doigt sur les nœuds et les blocages qui vous enchaînent.

Nombreux sont les outils développés en cohérence avec les travaux de Jung, fondateur de la psychologie analytique. Pour le psychiatre suisse, on va souvent au début vers le plus facile ; puis en milieu de vie on a toutes ces crises existentielles liées à notre envie d’explorer nos zones d’ombre.

Pour finir, je te dirais que l’introspection est nécessaire pour toute orientation. L’idéal étant aussi d’avoir confiance en soi, cela permet d’être assez ambitieux dans ses réponses et de ne pas viser trop bas. C’est aussi utile de se trouver des modèles, votre article sur les Youtubeurs qui vous inspirent est aussi une très bonne piste ! 

Je te disais tout à l’heure qu’aucune orientation n’est définitive, c’est toujours vrai. Maintenant, meilleur est le départ, plus haute sera l’arrivée, et plus facile est le chemin 😉

Bon courage à tous vos lecteurs, et Merci !

« La tâche la plus noble de l’individu est de devenir conscient de lui-même » – C.Jung

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Et si ce que fait Nathalie peut t’aider : voici son contact !

Lucie Greiveldinger

Etudiante et passionnée d’éducation, je rêve d’une école de demain performante et juste, qui donne les moyens à chacun de se réaliser. Avec les Sherpas, je fais ma petite part du colibri.

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