Mais qui est Frédérique Vidal, la nouvelle ministre de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Innovation ?

Emmanuel Macron avait promis la nomination de ministres issus de la société civile. Avec deux ministères entiers dédiés, l’Éducation est servie ! Aux côtés de Jean-Michel Blanquer, le nouveau ministre de l’Éducation Nationale aux expériences multiples impressionnantes, Frédérique Vidal s’est vu confier le 17 mai 2017 le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.


Issue de la société civile : elle l’est !

Et experte : sans aucun doute aussi. Cette universitaire spécialisée en génétique moléculaire a soutenu sa thèse en sciences de la vie en 1993. D’abord maître de conférences et professeure des universités, elle a ensuite occupé de nombreux hauts postes de direction administrative auprès des équipes pédagogiques scientifiques, jusqu’à devenir présidente de l’UNSA (Université Nice-Sofia-Antipolis) en 2012. Elle a contribué à de nombreux projets, notamment le développement européen de Tempus pour la mise en place du LMD (Licence-Master-Doctorat) dans les Balkans, et fait figure de référence dans les conseils scientifiques. L’université ne tarit pas d’éloge à son égard : Frédérique Vidal « a eu à cœur de faire rayonner l'université sur la totalité du territoire de la Côte d'Azur et de changer le regard porté par les collectivités et le monde socio-économique sur l'université », témoigne-t-elle dans un communiqué.

La nomination de Frédérique Vidal a été très bien accueillie. Le sénateur PS Marc Daupis affirme qu’il s’agit d’«une universitaire reconnue mais connaissant aussi le monde de l'entreprise et de l'innovation de façon assez précise, les interactions entre la recherche et le marché, et comment faire grandir une bonne idée pour qu'elle crée des emplois ». Il ajoute à son sujet que « c'est une très belle intelligence, avec une rigueur dans le travail et un côté bon vivant, une capacité d'écoute mais pas quelqu'un qui flotte au gré du vent, elle a une grande détermination quand la partie est achevée ». C’est pour lui une femme « aux valeurs progressistes ».  Quant à son prédécesseur, Thierry Mandon, il l’a félicitée dans un tweet au moment de la passation :

Félicitations à #frederiquevidal, ministre ESR. Une universitaire reconnue chercheuse, rejoint la rue Descartes avec rang de ministre. Bravo!

— Thierry Mandon (@mandonthierry) May 17, 2017



Une annonce d’autant mieux accueillie que les ambitions pour ce ministère sont inédites. Thierry Mandon n’était en effet « que » Secrétaire d’État, chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. En confiant à Frédérique Vidal un ministère « plein », dont le périmètre est pour la première fois élargi à l’Innovation, Emmanuel Macron envoie un signal fort à la communauté universitaire. Frédérique Vidal appelle ainsi à « réconcilier recherche et innovation, monde académique et monde de l’entreprise ». « En acceptant mutuellement de nous connaître, de nous reconnaître et de nous écouter, je suis convaincue que nous sommes en capacité de remettre innovation et recherche au cœur de l'économie ». Un sacré programme.

Car les défis sont multiples et Emmanuel Macron a réservé à la nouvelle ministre des questions explosives. Frédérique Vidal va devoir faire face à la bombe des études supérieures, en développant notamment l’autonomie des universités. La sélection à l’université se fait aujourd’hui par hasard au sein des filières les plus surchargées. Si un consensus autour des limites du système ne fait aucun doute, la façon d’endiguer le tirage au sort à l’entrée reste à déterminer, et la proposition d’Emmanuel Macron (prérequis à l’entrée de la licence pour lutter contre l’échec) est controversée. Il faudra également appliquer la réforme de l’entre-deux tours concernant la sélection en Master, qui visait à assurer le droit à la poursuite des études pour tout étudiant titulaire d’une licence, alors que les places manquent parfois cruellement. Tout cela dans un contexte de réduction budgétaire et d’arrivée de 40.000 étudiants supplémentaires tous les ans. Enfin, Frédérique Vidal devra gérer la question du plateau de Paris-Saclay, ce regroupement d’universités et de Grandes Écoles qui peinent à s’entendre sur une gouvernance commune. Un enjeu majeur pour faire le poids face aux meilleurs pôles universitaires internationaux. Par ailleurs, la ministre se verra également contrainte par le contenu du programme électoral du nouveau Président : généralisation des Erasmus pour les apprentis, renforcement des aides et bourses pour davantage de méritocratie, mise à disposition de 80.000 logements pour les étudiants et jeunes actifs…

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Déterminée, Frédérique Vidal conclut : « C’est à nous de trouver aujourd’hui la voie de la confiance ». Nous lui souhaitons de belles réussites et des choix éclairés pour la jeunesse de notre pays.

Lucie Greiveldinger's Picture

Etudiante et passionnée d’éducation, je rêve d’une école de demain performante et juste, qui donne les moyens à chacun de se réaliser. Avec les Sherpas, je fais ma petite part du colibri.