J-M Blanquer - Minstre de l'éducation nationale
Photo de J-M Blanquer - Ministre de l'éducation Nationale

Mais qui est Jean-Michel Blanquer, le nouveau ministre de l’Éducation Nationale ?

Quelques jours après sa nomination au poste de ministre de l’Éducation Nationale en mai, Jean-Michel Blanquer dévoilait ses priorités pour l’école et laissait entrevoir la démarche qui est la sienne. De nombreux défis l’attendent, mais le « mammouth » de l’éducation ne semble pas l’effrayer. Homme « aux solutions du terrain », ce cinquantenaire expérimenté a fait ses armes aussi bien au cœur de rectorats compliqués que des cabinets ministériels ; ou plus récemment en tant que directeur de la très prestigieuse Essec – Business School.

Un expert

Diplômé de philosophie et agrégé de droit public, Jean-Michel Blanquer se familiarise avec l’enseignement en tant que maître de conférences à l’Université de Tours, puis professeur de droit public à Sciences Po Lille. En 2004, Jean-Michel Blanquer devient Recteur de l’Académie de Guyane. Il sera ensuite, en 2007, Directeur de l’Académie de Créteil jusqu’en 2010. Un rectorat historiquement complexe : il s’agit de la seconde plus vaste académie, et de l’une des plus difficiles de France. Au cours de son mandat, il expérimente de nombreuses solutions proposées par le terrain. Sans a priori, il a à cœur d’explorer toutes les pistes qui lui sont proposées, en pilotant les performances de chacun de ces nouveaux dispositifs à force de chiffres et d’évaluations. « Blanquer l’hyper-recteur » donne alors naissance aux internats d’excellence (pour les meilleurs élèves issus de milieux défavorisés), à la « mallette des parents » (un ensemble de ressources destinées aux équipes pédagogiques pour renforcer la coopération école / familles), aux micro lycées (comme une solution pour les décrocheurs), ainsi qu’à quelques essais avortés. Finalement, Jean-Michel Blanquer accède aux hautes fonctions de l’Éducation Nationale. Après avoir été directeur adjoint au cabinet du ministère entre 2006 et 2007, il devient « Dgesco » en 2009 (Directeur Général de l’Enseignement Scolaire), occupant ainsi le poste de « numéro 2 » de l’enseignement aux côtés de Luc Chatel. Une activité qui prendra fin avec le renouvellement du gouvernement sous le quinquennat de François Hollande en 2012.

Au gré de ses expériences, Jean-Michel Blanquer se forge une connaissance du terrain et des rouages de l’Éducation Nationale précieuse ; il conserve également de nombreux soutiens et se rapproche de bon nombre de personnalités politiques.

Une vision pour l’école

En 2014, Jean-Michel Blanquer publie L’École de la vie, plaidoyer pour la réussite de tous, nourri par des pratiques éducatives qui ont fait leurs preuves ailleurs. Un appel à davantage d’expérimentations, synthèse entre terrain et sciences du développement. En 2016, à la veille de l’élection présidentielle, un second ouvrage paraît. L’École de demain affiche sans maquillage un véritable programme électoral. Si Jean-Michel Blanquer, dont l’orientation politique se situe plutôt à droite, était pressenti pour intégrer le gouvernement Fillon, il n’est finalement pas étonnant que ses idées soient autant compatibles avec les ambitions du nouveau président. Il en est certainement un des principaux inspirateurs.

Arrivé rue de Grenelle, Jean-Michel Blanquer ne compte pas chômer. Le premier chantier sera celui des petites classes : renforcer le vocabulaire acquis en maternelle et appliquer la promesse d’Emmanuel Macron des 12 élèves par classe de CP/CE1 en REP+ (Réseau d’Éducation Prioritaire Renforcé) à la rentrée. Objectif : tous les élèves doivent sortir du primaire « en sachant lire, écrire, compter… […] et respecter autrui ».

Ensuite, il faudra gérer la complexité du collège. Les précédentes réformes concernant les rythmes scolaires et les enseignements pluridisciplinaires ont fait couler beaucoup d’encre. Jean-Michel Blanquer est très clair : il ne souhaite pas engager « une énième guerre des programmes », « une énième loi, une énième réforme ». Il compte plutôt capitaliser sur les outils et sur les hommes, et renforcer les dispositifs de l’intérieur, au niveau des établissements. Une plus grande autonomie devrait être accordée localement : Jean-Michel Blanquer souhaite laisser une marge de manœuvre aux collectivités pour organiser le temps scolaire et davantage de liberté aux directeurs d’établissement et aux enseignants. Refusant de condamner les options au motif qu’elles favorisent la reproduction des inégalités sociales, le nouveau ministre souhaite rétablir les classes bilingues et revaloriser l’apprentissage du latin et du grec. Des stages de remises à niveau l’été pour les élèves en difficulté devraient également se multiplier. Dernier chantier : celui du baccalauréat que Jean-Michel Blanquer appelle à réformer. Moins d’épreuves, plus d’évaluations au sein des établissements. À voir comment cela pourra être géré localement.

Jean-Michel Blanquer son CV les sherpas

 

Toutes ces mesures seront prises dans le but de rétablir « la confiance en l’école ». Fidèle à lui-même, Jean-Michel Blanquer compte rester ouvert au terrain et à ses propositions, en évaluant les résultats à travers un pilotage chiffré. L’ex-bureau de Najat Vallaud-Belkacem accueille à la fois un passionné d’éducation et un vrai gestionnaire. Une double-casquette qui, espérons-le, lui permettra de jongler entre le milieu bien particulier des enseignants et la haute sphère de l’administration. Nous lui souhaitons de belles réussites.

Lucie Greiveldinger

Etudiante et passionnée d’éducation, je rêve d’une école de demain performante et juste, qui donne les moyens à chacun de se réaliser. Avec les Sherpas, je fais ma petite part du colibri.

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