Maths en prépa

Vaincre la peur des Maths en Prépa – Les Mathophobes.

Début du cours. La prof s’approche du tableau, et commence à dérouler frénétiquement son exercice de Proba.
Quand elle parle de K-boules, tu penses à Kaboul… certains suivent, mais pour toi, les Maths c’est du chinois.

Tu n’es pas seul(e) !

Rassure-toi, les difficultés devant les Maths sont le lot de beaucoup d’étudiants en sortant du Lycée. Si tu n’as pas eu de chance lors de ta scolarité, tu es probablement tombé(e) sur ces professeurs de Mathématiques incapables de comprendre que tu ne comprennes pas… malheureusement il y en a.

Laisse-moi t’expliquer pourquoi tant de personnes se pensent « fâchées avec les Maths ».

  • Cela tient énormément aux méthodes d’enseignement adoptées en France, et aussi à ceux qui enseignent. Loin de nous l’idée de dire que les profs de Maths font un mauvais boulot, mais il faut tout de même reconnaître que les méthodes d’enseignement sont calibrées pour les bons. Ces bons deviennent alors très bons. Et c’est exactement le cas de nos enseignants en Mathématiques qui sont souvent d’anciens étudiants brillants dans leur matière. Le problème c’est qu’ils n’ont quasiment jamais rencontré eux-mêmes de difficultés pour travailler cette matière, ce qui les rend assez peu efficaces pour sortir des étudiants fragiles de l’ornière.
  • Pour rendre les choses pires, le niveau attendu au Lycée a dévissé, alors que les exigences de tous les concours sont constantes voire en progression… normal que la gueule de bois à l’arrivée en prépa soit un peu sévère.
  • Se conjugue enfin à cela un enseignement souvent très abstrait, qui semble peu utile aux novices, et qui est très abrupt pour commencer, et voilà un cocktail explosif pouvant justifier d’être en conflit avec cette redoutée matière.

Ta situation n’est pas désespérée.

Et c’est un ancien Minor en Maths qui te le dit. En arrivant en prépa, j’étais le prototype de l’élève nul en Maths, mais archinul ! Pendant ma Bizuth et ma Carrée, mes notes en Maths ont baissé au lieu de monter…(sic). Et j’ai fini le dernier trimestre avant mes concours de Carrée, avec un splendide… 1.28/20 de moyenne, et une appréciation qui en disait long : « Ne perdez pas espoir ».

Difficile de faire pire non ? À mon avis, ta situation est loin d’être aussi désespérée ! 😉

Pourtant, j’ai accroché les 10 de moyenne aux concours, avec une Perf à 12/20 aux Maths II ESSEC. L’année suivante, après ma Khûbe, j’avais 20/20 à l’EDHEC, et grosso modo 14.5 de moyenne en Maths avec encore quelques fragilités, mais néanmoins des progrès hallucinants pour mes professeurs de l’époque, qui étaient restés sans voix, sachant d’où je venais. Alors oui, je n’ai pas intégré grâce aux Maths l’ESCP, mais je n’ai pas perdu de points avec cette matière, et c’était l’essentiel, parce que j’ai en revanche cartonné en ESH (mais ça c’est une autre histoire, pour un autre article 🙂).
Tout ça pour te dire que si j’y suis arrivé, tu vas y arriver !

De l’utilité des Maths

C’est bien beau tout ça, mais maintenant comment faire pour progresser en ne partant de rien dans cette formidable matière ?

  • Premier intérêt : L’essentiel des métiers sur lesquels débouchent les écoles de commerce  utilisent des Mathématiques (on ne parlera pas des écoles d’ingénieurs, parce que là intégrer sans être doué en Maths est très difficile). Finance, audit, conseil, Marketing sont autant de secteurs où tu as besoin d’une bonne compréhension des chiffres. Les Maths du concours préparent plus directement à la finance notamment, grâce à un niveau très solide en Probas.Ces métiers paient bien, sont intellectuellement intéressants et présentent de belles opportunités de carrière. Alors oui, tu peux rétorquer que « tu n’en as rien a foutre », et que « tu ne veux pas faire de finance », et je le comprendrais parfaitement. C’était aussi mon cas.
  • Deuxième intérêt : l’agilité intellectuelle que procurent les Maths est très utile. Les façons de raisonner (induction, récurrence, contraposée…) et l’abstraction sont très utiles dans de nombreux autres segments de la vie. En parvenant à les acquérir, ce sont des services que tu te rends pour plus tard, avec des apports encore plus durables qu’une simple maîtrise de formules.
  • Troisième intérêt : moins cool, mais tu ne peux tout simplement pas faire l’impasse sur les Maths si tu veux intégrer le Top 10 des écoles de commerce. Si tu vises une Parisienne, tu peux presque faire une croix sur tes chances d’intégration si tu te tapes une caisse. (Intégrer avec des notes moyennes en Maths est en revanche très possible). Les Maths sont, et te permettent d’intégrer, autant les voir d’emblée comme un moyen et pas comme une fin. Si on m’avait confronté plus tôt à cette réalité, cela m’aurait peut-être évité de Khûber…

Les Maths sont une matière « fiable » ou « exponentielle». (Cf. Un de nos articles les plus lus)
Ce sont des matières avec une courbe de progrès tendant vers l’exponentielle. D’où des débuts souvent plus que laborieux (avec des notes très basses qui ne font pas de cadeau aux concours), mais qui peuvent grassement payer ensuite (avec des notes très hautes). Ce sont des matières où un « déclic » se produit, c’est alors le début d’une accélération rapide des progrès, et c’est exactement ce que j’ai vécu en fin de Carrée quand je me suis mis à charbonner en Maths.

D’où la nécessité d’avoir la foi en Maths. De ne rien lâcher.
Les débuts de l’exponentielle sont longs, douloureux. Il ne faut rien lâcher, et ne pas négliger les Maths en se disant que notre temps sera mieux employé en ESH ou en Géopo par exemple. Parce que sans elles, tu n’intégreras pas. Cette attente de progrès en Maths est certainement un des passages les plus difficiles de toute la prépa.

Maintenant concrètement comment progresser ?

Progresser en Maths est possible, rien n’est définitif.

La priorité des priorités, ce seront toujours les exercices d’application, associés à un travail intelligent de ton cours.

Trop de profs de Maths disent à leurs étudiants d’apprendre leurs cours par coeur. Comme un abruti (pardon il n’y a pas d’autre mot), c’est ce que je faisais, littéralement. Sauf qu’apprendre son cours, sans le comprendre, sans savoir comment l’utiliser, c’est inutile ! C’est comme si tu apprenais le mot tournevis comme un concept abstrait sans jamais visser de vis avec. Useless !

Tu as donc besoin de faire des exercices d’application. Et à nouveau, le « faire » est problématique.
Quand on a des difficultés en Maths, on se retrouve coincé pendant de longues minutes devant des questions. C’est de la perte de temps. Reprend plutôt les exercices de ton professeur à la place et commencer à engranger du savoir. En progressant, tu gagneras en autonomie, tu pourras alors progressivement résoudre seul(e) les exercices. Pour l’instant se confronter à la difficulté et rester en bas du mur ne sera pas assez rentable, et te pèsera trop sur le moral, tandis qu’en associant cours et exercices basiques, tu te solidifieras progressivement.

Ton but à l’horizon des concours, ce sera les annales EDHEC.
Ton objectif ? Les plier, aussi vite que possible. Ces annales sont remplies de classiques, et elles sont abordables, vraiment, surtout celles d’avant 2014. En les faisant, tu comprendras que 80 à 90 % des sujets de concours EDHEC et EML sont des classiques, si bien que tout candidat ayant bossé est récompensé. Cela devrait déjà te rassurer.

Fiche tes exercices et retiens les techniques qu’ils mettent en oeuvre. Les meilleurs candidats étrillent les sujets EDHEC à partir de Novembre. La situation n’est pas catastrophique si tu y arrives fin Février. Dans tous les cas, concentre-toi d’abord sur ces sujets pour limiter la casse et t’assurer la maîtrise de tous tes outils.

Si tu vises une Parisienne, ce sera plus dur, on ne va pas se mentir.
Il faudra que tu accélères pour commencer à faire des annales en Février, dernier carat. Focus en priorité sur les Maths II qui comptent dans énormément d’écoles. Mais ne lâche pas les annales EDHEC pour autant, elles resteront ta priorité. Oui, tu ne seras alors pas à l’offensive en Maths, mais si tu es stratégique et que tu pars à la chasse aux points, tu pourras sauver la moyenne. En ayant de bonnes notes ailleurs, tu pourras t’en tirer. (Note d’ailleurs que ton profil est très recherché par les prépa avec des classes de Khûbe, car ils sont gages de gros progrès si tu as commencé à avoir le déclic. Tu as donc de bonnes chances de rebondir dans tous les cas, soit en intégrant, soit en te battant).

Besoin de plus de conseils ?

J’espère qu’à la suite de cet article tu te rends compte que ta situation n’est pas désespérée. Tout est possible si tu décides de te battre. Car oui, progresser en Maths est très difficile, et il n’y a pas de raccourcis, mais c’est possible !

Pour être parfaitement honnête avec toi, je suis obligé de reconnaître que je n’ai pas tout fait seul lors de ma Carrée. J’ai décidé de me faire épauler par un super prof particulier, et il m’a aidé à décoller, à me remotiver, tout en allant à l’essentiel pour que je puisse atteindre plus vite le déclic, et cela tout en limitant la casse. Bien-sûr, un prof, ce n’est pas de la potion magique, et il n’y a aucun miracle (contrairement à ce que certains organismes peuvent raconter en prépa…), seul ton travail fera la différence, mais un prof pourra clairement t’accélérer et t’aider à te dépasser.

Tu n’essayerais pas avec un de nos Sherpas ? 😉

Etienne

Ancien de Franklin & Commercia, élève à l'ESCP et co-fondateur des Sherpas. Passé de minor à Major pendant ma prépa, je suis passionné par l'éducation et fan de méthodo. C'est pour cela que je partage mon savoir à de nombreux étudiants depuis 2014 !

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